L’activité des muscles selon la position de nuque

La connaissance de l’activité musculaire dans les positions de nuque est un pré-requis pour juger du bien-être du cheval dans l’une ou l’autre de ces positions.

Monter son cheval en maintenant un angle de nuque ouvert renforce les muscles du dos et de l’encolure le long de la ligne supérieure. A l’inverse, maintenir son cheval dans une position avec un angle de nuque plus fermé ou en hyperflexion revient à travailler la chaîne musculaire de l’encolure.

Que nous dit la recherche ?

On sait que l’hyperflexion produit les effets les plus importants sur des variables physiologiques telles que l’activité enzymatique des muscles (Wijnberg et al., 2010).

En 2014, Kathrine Kienapfel a travaillé sur l’activité électrique des muscles de l’encolure sur cinq chevaux, avec et sans cavaliers, aux deux mains et aux trois allures. Les muscles étudiés étaient le splénius, le brachio-céphalique et le trapèze…

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Le brachio-céphalique mobilise les antérieurs et l’épaule vers l’avant mais peut également servir pour la flexion de la tête.

Le splénius est le stabilisateur fonctionnel de l’axe tête/nuque contre les forces gravitationnelles.

Le trapèze a un rôle élévateur des antérieurs et de l’épaule et sert à fixer la scapula.

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(1) libre
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(2) rassemblée avec le chanfrein légèrement en avant de la verticale
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(3) hyper-fléchie

...dans trois attitudes différentes :

...et sur cinq chevaux hongres âgés de 9 à 16 ans de tout niveau et qui ne présentaient aucune lombalgie dorsale. Les attitudes décrites ci-dessus ont été obtenues à l’aide de rênes fixes et l’observation a été réalisée sur un cercle de 12 mètres, à la longe et monté.

Résultats :

  • Aucune différence entre les phases sans cavaliers et montées n’ont pu être constatées ;
  • En revanche, une différence d’activité entre les mains gauche et droite a été relevée avec une suractivité à droite pour la majorité des chevaux sans que des éléments explicatifs aient pu être avancés (on peut ici partir du principe qu’on avait davantage à faire à des chevaux gauchers) ;
  • Le brachio-céphalique est nettement plus actif dans l’attitude hyper-fléchie tandis que son activité est similaire dans les attitudes libre et rassemblée. A l’inverse, le splénius est moins actif dans l’hyper-flexion qu’en attitude de liberté dans laquelle il est toujours le plus sollicité ;
  • Au pas : en hyper-flexion, le trapèze est bien moins actif que dans les deux autres attitudes avec l’activité la plus forte en position libre. ;
  • Au trot : on retrouve le même schéma qu’au pas ;
  • Au galop : l’activité du trapèze ne montre pas de différence en fonction de l’attitude. Quand le cheval a le chanfrein à la verticale, les muscles supérieurs (splénius et trapèze) sont actifs et se renforcent. A contrario dans la position hyper-fléchie, c’est le muscle inférieur (brachio-céphalique) qui travaille le plus.

Conclusion

Selon l’auteur, utilisée de manière extrême, l’hyperflexion pourrait provoquer des spasmes du muscle brachio-céphalique et par voie ce conséquences, des douleurs au cheval.