Effets des positions de nuque sur le cheval

Le but ultime de l'équitation est d'entraîner un cheval en vue de parvenir à exploiter ses capacités dans le respect de sa dignité physique et mentale.

Dans ce contexte, trouver la bonne attitude pendant les séances d'entraînement en fonction des particularités de son cheval et de son état d'avancement dans le dressage est l'une des questions fondamentales pour le moniteur et le cavalier.

L'attitude du cheval a été l'objet de nombreuses questions voire controverses ces dernières années, notamment avec l'utilisation de la méthode dite de la rollkur. On sait aujourd'hui que les changements d'attitude ont un impact sur la cinématique de la colonne vertébrale et l'appareil locomoteur avec la perspective d’en mesurer les effets exacts via différentes expérimentations scientifiques.

Que nous dit la recherche ?

Selon Elgersma et al. (2010), la charge sur le ligament nuchal est la plus importante en hyerflexion, notamment en C2. Le ligament nuchal ne se relâche que lorsque l’angle entre le garrot, la nuque et le plan horizontal est supérieur à 25°. En deçà, le ligament se tend de plus en plus.

En 2013, Janneke Sleutjens a travaillé sur les "effets de tête et de nuque sur l'athlète équin ». Plusieurs expérimentations ont été menées aux trois allures à la longe (sans le poids du cavalier) sur un panel de 7 chevaux et sur des périodes de travail de 24 minutes dans les cinq attitudes différentes :

Cinq attitudes étudiées lors des différentes expérimentations.

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A1: Attitude libre
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A2 : Ligne de chanfrein proche de la verticale
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A3 : Nuque Basse avec le nez en direction du poitrail
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A4 : Nuque ouverte Nuque
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A5 : Nuque vers le bas avec le nez en direction du carpe (LDR)

Les conclusions de Janneke Sleutjens mettent en avant l’effet de la position de la nuque sur:

  • La fonctionnalité neuro musculaire : en comparaison avec l’attitude libre (A1), on constate une augmentation significative des enzymes musculaires et du niveau des lactates sanguins dans les attitudes n° 3, 4 et 5 et ce jusqu’à quatre heures après l’exercice. Le taux de lactate demeure élevé après 6 et 24 heures pour l’attitude n°3.
  • La fonctionnalité respiratoire des voies aériennes supérieures : à l'exception du pas libre (attitude 1), chaque attitude a un impact sur la pression intra thoracique. L'étude démontre une obstruction respiratoire au plus fort pour l’attitude n°3 sans pour autant qu'on puisse mesurer une diminution de l'oxygène artériel. En d'autres termes, à un niveau normal d’entraînement (e.g rythme cardiaque dans une moyenne de 128 bpm), la ventilation alvéolaire ne devrait pas être affectée.
  • Les indicateurs de stress : ici, la chercheuse a combiné la variabilité de la fréquence cardiaque et le taux de cortisol (hormone de stress) dans la salive. Contrairement aux conclusions précédentes, ce sont ici les attitudes n°2 et 4 qui ont provoqué davantage de résistances de la part des chevaux. En général, les chevaux montrent un comportement plus soumis dans les attitudes fléchies (A3 et A5). Le taux de cortisol était notamment le plus élevé dans l’attitude n°2, 5 et 30 minutes après l’exercice.

Conclusion

Avec de premiers résultats intéressants, cette étude mériterait d’être poursuivie notamment dans le travail monté de manière à poser un jugement plus scientifique sur les prises de positions de la FEI selon laquelle le travail d’un cheval en position fléchie ou soutenue ne devrait pas excéder plus de dix minutes sans changer d’attitude.